Qu'est-ce que la soie de mûrier ? Comment elle est fabriquée, classée et portée
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La soie de mûrier est une soie filée par le ver à soie domestiqué, Bombyx mori, qui se nourrit exclusivement de feuilles de mûrier. Elle compose presque toutes les taies d’oreiller en soie, les foulards et les pyjamas en soie que vous trouverez, et c’est la seule que nous utilisons. Ce guide explique ce qui la distingue des autres soies, comment elle passe du cocon au tissu et ce que révèlent réellement les chiffres sur une étiquette.
L’origine du nom
Le nom décrit son alimentation. Les vers à soie domestiqués ne mangent que des feuilles de mûrier blanc et, comme ils sont élevés en intérieur, leurs cocons sont propres, pâles et très réguliers. Les soies sauvages, comme la tussah, proviennent d’autres papillons de nuit qui se nourrissent de chênes et d’autres arbres en plein air. Leurs cocons sont plus foncés, leurs filaments plus courts et moins réguliers, et le tissu obtenu est plus grossier et plus texturé au toucher.
C’est cette régularité qui fait toute la différence. Un filament lisse et uniforme donne un tissu lisse et uniforme, qui se teint de façon régulière. C’est pourquoi la soie de mûrier se prête aux imprimés détaillés et aux teintures aux couleurs profondes et nettes.
Du cocon au tissu
Chaque cocon est formé d’un seul filament continu, souvent long de plusieurs centaines de mètres. Pour le récupérer, les cocons sont ramollis dans de l’eau chaude, puis les filaments de plusieurs cocons sont dévidés ensemble pour former un fil. Ce filament long et ininterrompu donne à la soie de mûrier son toucher glissant : très peu d’extrémités de fibres dépassent du fil et peuvent accrocher les cheveux ou la peau.
La soie brute est enduite de séricine, une gomme naturelle. Cette dernière est éliminée lors d’une étape appelée dégommage, qui laisse la fibroïne, la protéine qui constitue la soie elle-même. La soie dégommée est plus douce, plus brillante et plus légère. Notre guide étape par étape sur la fabrication de la soie de mûrier détaille davantage le dévidage, le tissage et les finitions.
La soie est une fibre protéique, dont la composition est plus proche de celle des cheveux que du coton. Cela a son importance pour l’entretien : les lessives contenant des enzymes, conçues pour décomposer les taches de protéines, décomposent aussi la soie. Le guide de lavage de la soie explique quoi utiliser à la place.

Grades : que signifie « 6A » ?
La soie brute est classée avant le tissage. Le grade indique la longueur, la régularité et la propreté du filament. Sur l’échelle la plus courante, A est supérieur à B et C, et le chiffre qui précède la lettre apporte une précision supplémentaire : 6A est donc le grade le plus élevé. En pratique, une étiquette 6A indique que le fil a été dévidé à partir de filaments longs et réguliers, avec peu de nœuds ou de ruptures.
Le grade décrit la matière première, pas le tissu fini. Il ne renseigne ni sur le poids du tissu ni sur son mode de tissage. Pour en savoir plus, consultez la signification du grade 6A pour la soie.
Poids : ce que révèle le momme
Le momme (noté mm) est l’unité utilisée pour peser les tissus en soie. Un momme équivaut à environ 4.34 grammes par mètre carré : plus le chiffre est élevé, plus chaque carré de tissu contient de soie. Les tissus plus légers sont fluides et aériens ; les plus lourds sont plus denses, plus opaques et résistent généralement mieux à des années de lavage.
- 16 momme : léger et aérien. Courant pour les foulards et les taies d’oreiller d’entrée de gamme.
- 19 momme : poids intermédiaire utilisé pour les vêtements de nuit, les robes de chambre, les bonnets de nuit et les bandeaux.
- 22 momme : un poids plus dense pour les taies d’oreiller et les masques de nuit.
- 30 momme : lourd, avec un toucher nettement plus dense.
Notre guide des momme compare chaque poids plus en détail.
Tissages : une même fibre, différents tissus
La soie de mûrier peut être tissée de nombreuses façons, et le tissage change davantage son apparence que la fibre elle-même. Le charmeuse est un tissage satin, avec une face brillante et un envers plus mat ; c’est ce à quoi la plupart des gens pensent lorsqu’ils imaginent une taie d’oreiller en soie. Le crêpe de Chine a une surface mate, douce et légèrement granuleuse. La mousseline est transparente et légère. Notre guide de la soie charmeuse explique pourquoi le tissage satin est si souvent utilisé pour le linge de lit.
C’est aussi pourquoi « satin » et « soie » ne désignent pas la même chose : le satin est un tissage, qui peut être réalisé en soie ou en polyester. Le guide sur les taies d’oreiller en soie ou en satin explique la différence.
Comment savoir si vous achetez de la soie de mûrier
- L’étiquette indique la fibre. Cherchez la mention « 100 % soie de mûrier ». « Soyeux », « satin » ou « toucher soie » décrivent une finition, pas une fibre.
- Elle indique un poids en momme. La soie se vend au poids ; c’est rarement le cas du satin en polyester.
- Elle est fraîche au toucher, puis se réchauffe. La soie absorbe rapidement la chaleur corporelle et n’a pas le toucher glissant et plastique du polyester.
- Elle est double face là où c’est important. Pour une taie d’oreiller, vérifiez si les deux faces sont en soie ou si seule la face avant l’est.
Suzhou et la soie
Située dans le delta du Yangtsé, Suzhou est un centre de tissage de la soie depuis plus de deux mille ans, et c’est la ville d’origine de SuuSilk. Notre page consacrée à Suzhou raconte cette histoire ; nos foulards en soie arborent les motifs botaniques et les lavis d’encre associés à cette tradition.
Questions fréquentes
La soie de mûrier est-elle de la vraie soie ? Oui. C’est le type de vraie soie le plus courant, et les soies de la plus grande finesse en sont issues.
La soie de mûrier est-elle la même chose que le charmeuse ? Non. « Mûrier » désigne la fibre ; « charmeuse », le tissage. Le charmeuse peut être en soie de mûrier ou en polyester.
La soie de mûrier nécessite-t-elle un entretien particulier ? De l’eau froide, une lessive au pH neutre sans enzymes, pas d’adoucissant et pas de sèche-linge. C’est l’essentiel.